Former à l'innovation

Au cours de ces dernières années la nécessité d'améliorer les capacités d'innovation de nos entreprises apparaît comme une priorité majeure, bien au delà de tous les discours tenus ( Lisbonne) sur le développement de la recherche. Toute la difficulté est que l'on peine à bien saisir l'innovation, qui est bien plus un rpocessus qu'un objet, et que l'on héiste sur la bonne préparation dès lors que le concept même d'innovation est particulièrement ouvert, et qu'il relève pour l'essentiel d'un phénomène collectif
 
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  • Démarches pédagogiques visant à favoriser l'innovation

 L'innovation, pourquoi ?

Confrontés à une concurrence de plus en plus vive des pays asiatiques, qui tirent vers eux une part croissante de l'industrie manufacturière, tous les pays développés comme la France se réfèrent à l'innovation comme voie principale de salut pour leurs économies.
L'idée de base, difficile à contester, est que la seule stratégie possible pour préserver les parts de marché des pays à coûts salariaux élevés, est de proposer des produits ou des services originaux bénéficiant d'un avantage différentiel du fait de cette originalité.

Mais puisque le consensus existe sur la ligne de conduite à tenir, notre problème n'est-il pas simplement de passer à l'acte ?

Il est difficile de contester le bon sens d'une telle affirmation, et pourtant il apparaît très vite qu'il est nécessaire de clarifier certains aspects du problème et d'écarter en particulier toute une série de contresens usuels.

Carre Définir l'innovation

La définition qui éclaire le débat
On définit l'innovation, comme l'aboutissement d'un processus apportant un changement signficatif, qui se trouve accepté et reconnu par ses utilisateurs., On distingue classiquement l'innovation "incrémentale" et l'innovationde "rupture".

L'innovation n'est pas nécessairement fondée sur une avancée scientifique ou technique: elle peut relever d'une approche nouvelle, d'un assemblage original comportant des fonctionnalités jusque là inconnues.

 

 Les points critiques

Toute innovation n'est pas le produit d'une novation technique

Le plus courant est de considérer que toute innovation, est nécessairement portée par une novation scientifique ou technique, et qu'au fond l'effort essentiel, doit être de produire de telles novations en amont (ce qui conduit à mettre un accent prioritaire sur l'accroissement de l' effort de recherche).
On ne peut naturellement nier que toute rupture technologique, ou même que toute avancée technologique, soit une source potentielle d'innovations, mais la réciproque n'est pas vraie.
De nombreuses innovations, dont l'impact peut être considérable, portent déjà sur de nouveaux services ou de nouvelles organisations. Mais il faut admettre que très souvent les innovations portant sur les produits sont construites autour d'un agencement inédit des ressources existantes.

La phase créative, toute essentielle qu'elle soit, n'est pas la plus critique

Le second contresens est de considérer que la phase critique du processus innovant est celle de la production de nouvelles idées. Là aussi, cette assertion est partiellement fondée, et il ne faut pas négliger tous les efforts qui sont faits pour améliorer, par un recours aux méthodes de la créativité, la production d'idées neuves (passage de la cueillette à la culture pour reprendre une expression imagée).
Mais l'observation courante est qu'on dispose en général de beaucoup d'idées novatrices et la question critique est plutôt celle de leur acceptabilité. Il faut bien voir en effet que toute proposition nouvelle met en cause, de manière souvent perçue comme agressive, les solutions existantes à un moment donné.
Il faut combattre la capacité collective à étouffer les propositions non conventionnelles, sur lesquelles se bâtissent les innovations
Dans un groupe de travail, réuni il y a deux années au CEFI, où nous avions choisi de mettre face à face des formateurs et des responsables d'entreprises pour discuter de l'innovation, le message principal qui s'est dégagé des échanges a été celui de notre capacité collective à mettre à mal toute idée nouvelle, en fonction de deux attitudes ayant le même effet :
celle de l'autocensure du jeune ingénieur, incertain sur sa capacité à présenter des propositions pertinentes,
celle de la censure exercée par son supérieur vis-à-vis de suggestions sortant des solutions éprouvées.
L'observation amusante était d'ailleurs que le jeune ingénieur, soumis à la censure de son supérieur, reprenait quelques années plus tard le rôle de censeur des jeunes arrivés.
Tout ceci montrait qu'au fond la problématique de l'innovation était plus culturelle (attitudes et valeurs) que technique (produire des idées, les mettre à l'épreuve), d'où d'ailleurs une grande difficulté pour obtenir un changement de cap.
Au fond, et on retombait sur une observation déjà faite ( ), le point critique pour encourager l'émergence d'inovations était la capacité collective de reconnaître, à sa valeur, l'idée innovante, à un stade où sa formulation restait imparfaite, et ses promesses de simples hypothèses de travail.

Comment préparer les diplômés à une culture d'innovation

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