Références et orientations de la CTI
Juillet 2003

L'ingénieur : métiers et formation

 

Dans le respect des textes qui organisent la reconnaissance des titres d'ingénieurs et lui en confient la responsabilité et la maîtrise d'œuvre, la CTI est attentive aux demandes liées à la diversification du marché de l'emploi, aux besoins des entreprises et aux progrès scientifiques. La définition ci-dessous, en évolution constante dans les éditions successives de Références et Orientations, le montre.

1. Quel métier pour l'ingénieur ?

Le métier de base de l'ingénieur consiste à poser et résoudre des problèmes souvent complexes liés à la conception, à la réalisation et à la mise en œuvre de produits, de systèmes ou de services. A ce titre, l'ingénieur doit posséder un ensemble de connaissances techniques, économiques, sociales et humaines reposant sur une solide culture scientifique.
Son activité s'exerce notamment dans l'industrie, le bâtiment, les travaux publics, l'agriculture et dans les services. Elle mobilise des hommes et des moyens techniques et financiers, souvent dans un contexte international. Elle reçoit une sanction économique et sociale, et prend en compte les préoccupations de protection de l'homme, de la vie et de l'environnement, et plus généralement du bien-être collectif.

2. Quel esprit pour la formation d'ingénieur ?

L'ingénieur acquiert un ensemble de connaissances et de savoir-faire au cours d'un cycle d'enseignement supérieur long, comportant des enseignements académiques pluridisciplinaires, des formations technologiques et des périodes de formation en milieu professionnel*. La formation par l'expérimentation est, par ailleurs, indispensable pour développer le sens du concret et des réalités.
* Il peut aussi avoir obtenu la validation des acquis de son expérience

Le respect de cet esprit exige la mise en œuvre de principes fondamentaux :

  1. Le diplôme d'ingénieur correspond à cinq années d'études après le baccalauréat constituant un cursus totalement cohérent, d'au minimum 300 crédits, défini et validé par l'école. Les deux premières années peuvent être mises en commun au sein des classes préparatoires aux grandes écoles.
  2. Les différents recrutements sont toujours effectués par concours avec un nombre de places clairement affiché. Ces concours* peuvent être sur épreuves ou sur titres avec examen du dossier du candidat, et éventuellement un entretien de motivation. Les opérations de recrutements proprement dites doivent être conduites avec rigueur et transparence et les conditions de recrutement clairement précisées par les établissements aussi bien dans les dossiers de création que dans les dossiers d'évaluation périodique.
  3. Au niveau bac+4, il ne peut s'agir que de recrutements complémentaires réalisés par des établissements organisant une formation en 3 ou 5 ans. La Commission des Titres d'Ingénieur donnera, une décision ou un avis défavorable à toute demande d'habilitation fondée uniquement sur un recrutement à bac +4.
  4. Après son recrutement, l'intégralité du cursus de l'élève est sous le contrôle de l'école, la moitié pouvant, dans cette condition, être réalisée à l'extérieur.
    * Les établissements sont invités à utiliser largement les concours communs ou les banques de notes qui donnent plusieurs cahnces aux candidats dans des conditions pratiques et financières raisonnables. L'optimisation de l'appareil de recrutement contribue également à une plus grande efficacité du dispositif de formation des ingénieurs.

3. Cursus

3.1. Contenu des enseignements

Le cursus doit comprendre :

  1. un enseignement approfondi en sciences de base qui pourra valablement comporter une première expérience de la recherche,
  2. un enseignement suffisamment large dans les dominantes de la formation visée,
  3. une formation complète aux méthodes de l'ingénieur, incluant la gestion de projet, la maîtrise des systèmes complexes et l'informatique. A une époque où l'informatique change les métiers et l'organisation de la société, la formation de l'ingénieur ne saurait se limiter à la maîtrise d'un outil ni à une approche purement numérique des problèmes. La formation en informatique doit donc non seulement comporter la connaissance des concepts de cette discipline mais permettre à l'ingénieur de participer à l'élaboration et à la maîtrise d'ouvrage d'un projet d'informatisation (annexe 12).
  4. une approche concrète des technologies de l'information et de la communication,
  5. une ouverture aux sciences économiques, sociales, humaines, juridiques, à la gestion de l'entreprise ainsi qu'à la réflexion éthique,
  6. une formation aux savoir-faire comportementaux nécessaires à l'intégration dans un groupe (aptitudes à la communication, au travail en équipe, à la motivation et au leadership),
  7. une formation à tous les aspects internes ou externes de la vie en entreprise, nationale ou internationale, notamment : les relations humaines, les réseaux, l'environnement, la qualité, l'hygiène, la sécurité, la propriété industrielle…
  8. une pratique des langues étrangères, y compris dans les enseignements scientifiques et techniques ou les stages. L'anglais, exigé comme condition et critère de recrutement des entreprises, ne peut plus être considéré comme une langue ' étrangère ' en situation professionnelle et la pratique d'une autre langue vivante s'avère indispensable.
    Le niveau minimum d'anglais requis à l'issue d'une formation d'ingénieur est le niveau B2 défini par le " cadre européen commun de référence pour les langues " du Conseil de l'Europe ( annexe 9). Ce niveau doit notamment être évalué et attesté par un examen ou un test de langues reconnu, par exemple 750 TOEIC, 550 TOEFL (213 pour la version informatique : computer based test), grade C au FCE …
    Dans le cas de la formation continue, ce niveau minimum est de B1 défini par le " cadre européen commun de référence pour les langues " du Conseil de l'Europe.
    Ces obligations de résultats ne dispensent pas les écoles d'une véritable stratégie de l'enseignement des langues pour de futurs ingénieurs en situations professionnelles.
  9. pour les non francophones, le niveau minimum requis en langue française à l'issue d'une formation d'ingénieur est B2 défini par le " cadre européen commun de référence pour les langues " du Conseil de l'Europe.
  10. une internationalisation selon des modalités diverses pour les étudiants et personnels ;

3.2.Organisation des enseignements

La Commission recommande de respecter des horaires d'enseignement encadré donnant aux élèves ingénieurs la possibilité de travail personnel et en groupe.
Les enseignements, modularisés et semestrialisés (annexe 10)* , comprennent des cours magistraux, des travaux dirigés, des travaux pratiques et des projets.
Il est recommandé de développer la pédagogie par projets afin de favoriser la prise d'autonomie des élèves.
Une organisation efficace de l'enseignement doit également intégrer l'utilisation raisonnée des Technologies de l'Information et de la Communication appliquées à l'Enseignement.
* Un semestre représente 30 crédits (annexe 9), y compris les stages, et correspond à un maximum académique de 450 heures encadrées.


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