COMMISSION DES TITRES D'INGENIEUR

Texte de Monsieur Jean-Noël CHEVREAU, Président de la C.T.I)

Paris, le 17 Novembre 1992

Monsieur le Ministre d'Etat, Ministre de l'Education Nationale et de la Culture, Monsieur le Secrétaire d'Etat à l'Enseignement Technique,

Nous vous sommes reconnaissants d'avoir pris de votre temps pour partager notre réflexion sur le développement et le devenir des écoles d'ingénieur.

Bien que le sujet d'étude de cette journée soit limité aujourd'hui au développement des écoles d'ingénieur dépendant de votre Ministère, et particulièrement de l'Education Nationale, notre propos concernera plus largement

La Commission des Titres d'Ingénieur a en effet une vocation interministérielle, car il est utile et nécessaire d'avoir, dans ce domaine, une approche très ouverte, sans limitation organisationnelle ou administrative, de tutelle ou de statut.

Vous savez que la Commission des Titres d'Ingénieur a essentiellement une mission d'audit, de suivi, de validation et de certification officielle, sous la forme d'avis ou de décision d'habilitation ou de retrait d'habilitation.

Elle ne dispose d'aucun moyen d'étude approfondie ou d'enquête statistique, hors la compétence de ses membres, leur disponibilité, et les moyens mis gracieusement à sa disposition, par tel ou tel de ses membres. J'y reviendrai plus loin.


Quelles sont actuellement les principales interrogations de la Commission des Titres d'Ingénieur ? Nous n'en retiendrons que trois, parmi celles-ci, sachant que nous avons périodiquement des discussions approfondies avec votre Cabinet et les services de votre Ministère.

1. Dès le printemps 1991, la Commission des Titres s'est interrogée sur le nombre des ingénieurs formés en France qui, aux dires de certains experts, risquaient de devenir excédentaire par rapport à la demande, à un terme proche de quelques années.

Le Premier Ministre et le Ministre de l'Education Nationale ont été saisis officiellement, par courrier en date du 29 Novembre 1991 par la Commission des Titres d'Ingénieur qui :

Nous nous permettrons, Monsieur le Ministre, de rappeler cette demande, d'autant plus que certains indicateurs récents pourraient laisser entendre, conséquence d'un crise temporaire ou nouvelle situation économique, une attente un peu plus longue du premier emploi à la sortie d'Ecole. Ne disposant d'aucun moyen d'étude spécifique, la Commission des Titres a besoin de ces éléments quantitatifs et qualitatifs pour guider les décisions d'habilitation et les orientations intéressant les différents acteurs et partenaires.

La Commission des Titres d'Ingénieur est prête à s'associer à toute réflexion sur cette question.

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2. Une deuxième réflexion est relative à la notion de réseau d'Ecoles que la Commission des Titres a vivement encouragée depuis plusieurs années.

Le principe du réseau est simple, même si sa mise en oeuvre est délicate et exige ouverture d'esprit, volonté et persévérance.

Le réseau permet une synergie des moyens, le renforcement des pôles d'excellence de chaque école sans dispersion inutile, et une meilleure lisibilité internationale, sans pour autant abandonner la spécificité et la richesse de chaque école.

Nous souhaitons avancer rapidement dans cette direction, parfaire les réseaux qui se sont créés ces dernières années, ceux des Ecoles Centrales, des Ecoles de Chimie, des ICAM, ISEP, de certaines Universités, et engager d'autres Ecoles à développer de réelles coopérations mutuelles et non de simples parrainages ou de juxtapositions d'opportunités.

Deux approches sont possibles : une approche territoriale, en incitant à se rapprocher les formations d'ingénieurs développées sur un même site ou une même région, pour créer des pôles technologiques interdisciplinaires plus étoffés, ou une approche professionnelle, en engageant les Ecoles travaillant dans la même discipline à renforcer leur domaine d'excellence.

Pour éviter la dispersion des moyens de l'Etat, des Régions et des Branches professionnelles, les demandes de création de nouvelles formations d'ingénieur devraient désormais se fonder sur un réseau existant ou à créer.

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3. La dernière réflexion dont nous souhaitons vous faire part, touche aux relations internationales

En Avril 1990, avec le parrainage de votre Ministère et celui des Affaires Etrangères, la Commission des Titres avait organisé une réunion internationale sur les divers systèmes d'évaluation et de certification des formations d'ingénieurs en usage dans les 12 pays de la Communauté Européenne.

Permettez-moi, en conclusion, Monsieur le Ministre, de vous dire la foi et l'enthousiasme qui nous animent.

Nous savons que les grands défis de l'Europe de demain exigeront de notre part un professionnalisme rigoureux, un sens aigu de nos responsabilités sociales et humaine, et un engagement personnel total.

Venant de mondes différents, nous nous retrouvons au sein de la Commission des Titres d'ingénieur, pour vous apporter la richesse d'expériences diverses, tant nationales qu'internationales, pour vous apporter aussi des évaluations sur les formations d'ingénieurs existantes et des orientations pour les formations à créer.

Nous vous remercions de votre confiance, comme vous pouvez être certain du dévouement, de la rigueur et de l'objectivité des membres de la Commission des Titres d'Ingénieur.

Jean-Noël Chevreau



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revu le: 5/10/96.