L'université de Leiden lance un classement européen des universités: peu de françaises dans les premières places


L'université de Leiden lance un classement européen des universités: peu de françaises dans les premières places

Le CWTS (Center for Science and Technology Studies) de l'université de Leiden (Pays-Bas) met actuellement au point un nouveau système de classement des universités s'appuyant sur ses propres indicateurs bibliométriques. Les travaux du CWTS portent sur l'ensemble des universités dans le monde mais seul un classement des 100 premiers établissements européens, incluant Israël et portant sur la période 1997-2004, vient d'être publié. Le classement de Leiden propose plusieurs listes construites à partir des mêmes données mais s'appuyant sur différents types d'indicateurs (taille, impact, nombre de citations par publication). D'après le classement qui s'appuie sur le seul l'impact direct des publications, c'est-à-dire le nombre des publications, sept universités françaises figurent dans la liste. Paris-VI est 7ème, Paris-XI, 24ème et les autres sont au-delà de la 70ème place. Le classement ne tenant pas compte de la taille mais du facteur d'impact moyen normalisé par discipline compte également sept universités françaises mais la première d'entre elles, Paris-XI, figure à la 52ème place.

Un autre classement mariant les indices de taille et de facteur d'impact (le nombre de publication multiplié par le facteur d'impact moyen normalisé par discipline) place deux Françaises dans le premier tiers - Paris-VI, 14ème et Paris-XI, 28ème - mais quatre autres dans le dernier quart. Enfin la liste classant les universités selon le seul nombre de citations par publication (ce qui favorise les sciences médicales) place un établissement français, Paris-V, en 11ème place et un autre dans la première moitié, Paris-VII classé 44ème. En utilisant ce même indicateur, le simple nombre de citations par publication, parmi les 50 premières universités

Domaine : Enseignement supérieur - Recherche Rubriques : Universités / Recherche

européennes en taille, seuls deux établissements français - Paris-XI, 36ème et Paris-VI, 40ème - sont classés.

L'université française la mieux classée parmi celles qui ne sont pas situées en Île-de-France est l'université de Lyon-I dans presque toutes les listes sauf celle qui s'appuie sur l'impact moyen. Dans cette liste, l'université de Grenoble-I est classée 55ème, peu après Paris-XI, la première française. Les universités européennes les mieux classées sont Cambridge, Oxford et Londres en termes de production scientifique aussi bien qu'en termes d'impact. Les Suisses sont très bien placées en termes d'impact ainsi que pour le nombre de citations par publication. Dans les cinq listes, les cinq premiers établissements sont soit suisses, soit britanniques, quelquefois belge, néerlandais ou suédois.

INDICATEURS BIBLIOMÉTRIQUES

Le CWTS part du principe que les classements "devenus incontournables" font désormais partie de la "vie universitaire", ont changé le paysage de l'université dans le monde entier et renforcent la culture de l'évaluation. Dans un commentaire plus général sur les classements, le CWTS distingue la réputation d'un établissement - qui peut prendre en compte des prix Nobels attribués il y a plusieurs décennies - de sa performance actuelle, la première pouvant d'ailleurs contribuer à la seconde. Il met également en garde sur la pertinence variable des indicateurs bibliométriques selon les communautés scientifiques. Ainsi les universités plus orientées sur les sciences de l'ingénierie ou les SHS (sciences humaines et sociales) seront moins bien placées dans un classement s'appuyant sur les seules données bibliométriques.

Par ailleurs, le CWTS rappelle que l'impact dépend de ce que l'on inclut ou non les publications écrites dans une autre langue que l'anglais, en particulier le français et l'allemand. Étant donné l'impact très faible de ces publications, elles comptent davantage lorsque l'on évalue la production que lorsqu'on évalue l'impact.

En revanche le CWTS note que "le groupe des universités les plus éminentes ne dépassera pas les 200". Il remarque que la plupart des meilleures universités sont des universités de recherche importantes et pluridisciplinaires. "Elles ont attiré depuis longtemps sur la base de leur réputation les meilleurs étudiants et les meilleurs chercheurs." Ces universités sont "naturellement" les plus attractives dans le monde de la science et, au-delà de la 200ème place, si certaines universités peuvent être excellentes dans un domaine scientifique spécifique, "elles ne peuvent prétendre être les éléments moteurs de la science".

Un classement actualisé pour la période 2000-2006 devrait être publié d'ici quelques semaines.

Les classements sont accessibles en ligne aux adresses suivantes: www.cwts.nl/cwts/Leiden_Ranking_1_A_yellow_list.pdf www.cwts.nl/cwts/Leiden_Ranking_1_B_green_list.pdf www.cwts.nl/cwts/Leiden_Ranking_1_D_orange_list.pdf www.cwts.nl/cwts/Leiden_Ranking_1_C_blue_list.pdf www.cwts.nl/cwts/Leiden_Ranking_1_E_pink_list.pdf