Se fixer des critères de choix d'une école

voir aussi questions sur le choix d'une filière

Il est difficile de porter un jugement de valeur qui prenne en compte de manière objective l'ensemble des spécificités des établissements. Nous vous conseillons donc avant de prendre votre décision de dresser une liste de critères qui vous semblent importants et d'analyser les formations qui vous intéressent en vous aidant de cette grille. Pour vous faciliter la tâche, nous vous proposons une liste d'éléments couramment utilisés pour apprécier l'identité d'un établissement, son profil de formation voire sa qualité : à vous de l'ajuster à vos besoins et de donner aux différents critères la priorité qui vous convient : vous ne vous tromperez pas en choisissant l'école qui correspond le mieux à vos goûts et à vos aspirations.

liste (non exhaustive) de critères à prendre en compte:

La cote des écoles

De nombreux élèves et parents nous interrogent sur le niveau des écoles, leur cote auprès des entreprises. A l'évidence, le salaire proposé à la sortie est un facteur de choix plus important que le métier auquel est préparé le futur ingénieur. Que répondre à ceux qui se posent ce genre de questions ?

Tout d'abord, qu'il n'existe pas de grille de classification officielle et unique des quelques 200 écoles d'ingénieurs, élaborée par exemple par un comité d'évaluation. Il est vrai cependant que certaines entreprises utilisent pour leur usage interne une grille de classification des ingénieurs en groupes de niveaux (3 ou 4 selon les cas), en fonction de leur diplôme.
Deux logiques interviennent au niveau de l'élaboration de ces grilles :

  • une logique à dominante scolaire où le niveau et la difficulté de recrutement sont considérés comme des composantes principales de l'identité d'une école,
  • une logique davantage liée au contexte de l'entreprise et à ses métiers.

Sur cette base, on observe peu de variations d'une entreprise à l'autre au niveau du premier groupe qui comprend les écoles «haut de gamme» - X, Mines/Ponts, Centrale/ Supélec, ESPCI - recrutant sur les concours réputés les plus difficiles. Les différences les plus sensibles se situent au niveau des groupes 2, 3 ou 4 : au classement par mode de recrutement se superpose une sorte d'échelle d'intérêt liée au contexte de l'entreprise (les entreprises du secteur de la mécanique ne placeront pas les formations dans le même ordre que les entreprises du secteur de l'électronique).

Ceci étant dit, on ressent depuis quelques années un mouvement de fond qui se traduit par la convergence vers un groupe médian d'un grand nombre d'établissements. Ainsi, la cote des écoles recrutant au niveau du baccalauréat (INSA, UTC, FESIC) s'est améliorée d'année en année (voir enquête IPSOS).

Ces grilles de classification, quand elles existent, interviennent essentiellement au niveau de l'embauche. Les responsables de recrutement affirment qu'au bout de quelques années les différences s'estompent et que la valeur de l'individu devient primordiale.

Statut, tutelle et coût de la scolarité

Une succession d'initiatives publiques et privées a conduit au dispositif actuel qui compte en formation initiale plus de 200 établissements relevant des tutelles les plus diverses (ministère de l'Éducation nationale, Industrie, Agriculture...) et d'une douzaine de statuts juridiques distincts : les écoles peuvent être publiques, privées ou dépendre des Chambres de Commerce et d'Industrie ou des Chambres d'Agriculture (elles sont dites consulaires). Les établissements publics sont de loin les plus nombreux : 155 sur 207 dont 117 sous tutelle du ministère de l'Éducation nationale.

Cette distinction n'est pas sans importance puisque dans les établissements publics qui reçoivent des dotations de l'État, le coût des études se réduit aux frais d'inscription universitaire auxquels s'ajoutent les frais de sécurité sociale et de mutuelle étudiante.

Dans les écoles privées et consulaires les frais de scolarité sont plus élevés. Sachez cependant qu'il existe des bourses - dès lors que l'établissement est reconnu par l'État - et des systèmes de prêt.

Ancienneté, date d'habilitation

Il faut plusieurs années à un établissement nouvellement habilité pour prendre place dans le dispositif et être reconnu. On ne s'étonnera donc pas de trouver les écoles les plus prestigieuses parmi les écoles les plus anciennes : qu'elles aient été créées pour former des ingénieurs destinés à servir les Corps de l'État (École des Ponts en 1747, École Royale des Mines en 1783, ou pour assurer une meilleure formation scientifique aux futurs élèves de ces corps (École Polytechnique) ou encore soutenir le développement industriel (École Centrale des Arts & Manufactures). Voir histoire des formations

Un processus continu de créations s'est développé depuis la seconde guerre mondiale, qui a connu une forte accélération ces dernières années : sur les quelque 200 établissements accessibles en formation initiale, plus de 80 ont été créés et habilités depuis le début des années 80, sans compter les formations par alternance. Beaucoup de ces établissements - qui ne s'appuient pas sur un puissant réseau d'anciens - sont encore peu connus des entreprises, malgré des atouts évidents : créneaux porteurs, pédagogie innovante, dynamisme....

Profil des promotions

L'origine scolaire des étudiants admis est un élément fort d'identité d'un établissement qui vous renseigne à la fois :
  • sur le modèle de référence et donc le programme supposé assimilé à l'entrée : élèves des classes préparatoires, Deug, Dut (voire Bts), bacheliers...,
  • sur le degré d'ouverture de l'établissement et sa volonté de diversifier le profil des promotions,
  • sur le profil de formation, en considérant que le recrutement d'universitaires (Deug, Maîtrise) renvoie plutôt aux formations scientifiques et les Dut/Bts aux formations plus techniques et professionnalisées

Mode de recrutement et sélectivité

Les modalités de recrutement sont bien sûr à prendre en compte : conditions d'admission, nature des épreuves...

En diversifiant leurs filières d'accès, les établissements ont également adopté des procédures distinctes selon le parcours des candidats : s'appuyant sur des critères purement scolaires (concours traditionnels) ou intégrant des critères plus professionnels valorisant la motivation et la personnalité notamment par le biais d'un entretien.

A vous de repérer le mode de sélection qui vous offre le plus de chances, sachant que :

  • les élèves de classes préparatoires sont traditionnellement recrutés par la voie d'un concours sur épreuves écrites et orales,
  • les Deug, Dut,Bts et maîtrise plutôt sur dossier et entretien de motivation et de personnalité,
  • les bacheliers selon des procédures diverses allant de l'examen du dossier scolaire aux épreuves type QCM et entretien.

+ Pour compléter votre information, procurez-vous les rapports des concours auprès des secrétariats, et consultez les annales pour vous faire une idée de la difficulté des épreuves.

Domaine(s) de spécialités

Il existe une forte tradition dans les écoles françaises d'ingénieurs de refus de l'affichage d'une spécialité ; il est de bon ton d'insister dans un grand nombre d'entre elles sur le caractère pluridisciplinaire et ouvert de leur formation sinon de se rattacher à une philosophie franchement généraliste.

Pour vous aider à repérer rapidement le positionnement des établissements, le CEFI a cependant élaboré une classification s'appuyant sur :

  • le repérage d'une dominante au sens d'une orientation des enseignements de tronc commun vers un champ ou plusieurs champs d'un grand domaine. Cette orientation représente un volume horaire d'au moins 700 heures dans le domaine et constitue le socle de formation commun,
  • l'éventail des options proposées et leurs champs d'application,
  • l'affichage de cette orientation par les établissements (notamment dans le sigle de l'établissement),
  • enfin la connaissance des secteurs d'activité occupés par les jeunes diplômés.

On observe que quatre domaines regroupent à eux seuls les quelque 300 filières de formation d'ingénieurs (un établissement peut offrir plusieurs filières de spécialisation ex. INSA) : électronique/télécommunications/automatique, génie mécanique, physique/matériaux/énergétique et génie agronomique/industries alimentaires. Seize établissements sont regroupés à l'intérieur d'une rubrique «sans spécialité dominante».

+ Informez-vous sur les programmes : procurez-vous le programme détaillé auprès des établissements. Vous apprécierez le degré de spécialisation de la formation à travers le spectre des enseignements, leur poids respectif dans l'emploi du temps, et la palette des options.

Selon cet angle, les écoles se rattachent à trois grands profils :

  • les formations spécialisées se caractérisent par une forte orientation des enseignements de tronc commun vers un champ technique ou une discipline d'un grand domaine (environ 1 000 heures) ; l'enseignement optionnel est limité.
  • les formations «généralistes dans leur spécialité» offrent des enseignements couvrant l'ensemble des champs d'application d'un domaine avec une orientation plus marquée vers une spécialité et souvent, un large choix d'options (quelques exceptions de cursus avec un tronc commun de formation sur trois ans, ex. ECAM).
  • • les formations «sans spécialités dominantes» s'organisent autour d'un tronc commun bien équilibré entre les différents champs d'application des sciences et techniques de l'ingénieur qui représentent chacun environ 300 heures d'enseignements, avec :
    • pour les formations généralistes : un large choix d'options et un volume horaire important consacré aux enseignements non techniques,
    • pour les profils plus industriels : un éventail d'options plus limité .

liste des écoles par grands domaines

Stages

Les écoles d'ingénieurs proposent en général trois grands types de stages. Il s'agit de manière générique des stages «ouvriers», des stages de «techniciens supérieurs» et des stages ou projets de fin d'étude où les élèves sont placés en situation d'ingénieur. Ils sont considérés comme des périodes formatrices à part entière et facilitent l'insertion professionnelle : selon une enquête réalisée par la Fondation EPF, la majorité des entreprises considèrent les stages de plus de six mois comme une première expérience professionnelle.

Tous types de stages confondus, le temps moyen passé en entreprise et/ou sur le projet de fin d'études dans les formations traditionnelles est de 30 semaines (un peu plus de 7 mois) dont 18 semaines pour la dernière année - du niveau bac au niveau bac + 5 -. Dans la moitié des établissements cette durée est comprise entre 24 et 34 semaines, le maximum atteint étant de 66 semaines.

Les écoles qui intègrent dans leur cursus les périodes de stages les plus longues sont : les écoles d'agriculture regroupées au sein de la FESIC, les universités de technologie, les ENI et les écoles en quatre ans.

+ Pour apprécier l'ancrage dans le monde professionnel des formations d'ingénieurs, consultez le tableau récapitulatif donnant la durée globale des stages par école et les fiches des écoles. Voir liste des écoles avec la plus grande durée de stages

Philosophie des enseignements

Les enseignements en école d'ingénieurs sont traditionnellement dispensés sous forme de cours, travaux dirigés et travaux pratiques et intègrent des enseignements scientifiques et techniques complétés d'une ouverture sur le monde économique (droit, économie...) ou les langues vivantes, la communication. Le profil de formation se construit autour de ces grandes composantes.

Si vous aimez le concret, optez pour des formations qui privilégient l'approche personnelle et pratique au travers de manipulations expérimentales (travaux pratiques) ou d'activités de bureau d'études ou petits projets. Sachez que ce type d'activités représente en moyenne le quart du volume horaire des enseignements en cycle ingénieur.

Vous pouvez également préférer les formations qui consacrent plus de temps aux disciplines non techniques.

+ N'hésitez pas avant de vous déterminer à demander aux écoles un programme détaillé des études : vous y trouverez des indications sur les volumes horaires par disciplines ou les activités pédagogiques.

Dimension internationale

La quasi totalité des établissements intègrent dans leur cursus des possibilités de séjours à l'étranger (en moyenne 15% des élèves passent plus de six mois à l'étranger) se rattachant à trois grandes orientations :

  • séjours s'inscrivant dans le cadre des programmes européens (Socrates, Leonardo),
  • cursus de formation conçus en partenariat avec des établissements étrangers avec délivrance de doubles diplômes pouvant entraîner une prolongation des études (exemple du programme TIME - ECP)
  • stages en entreprise.

Il est clair que le rayonnement international représente pour les écoles une valeur ajoutée qui profite à leur image. Certains établissements ont développé un véritable professionnalisme à l'international comme les INSA, chefs de file de multiples programmes d'échanges et de projets originaux au plan européen (cycle EURINSA).

De plus, les périodes d'études ou de stages à l'étranger sont considérées, au-delà de la préparation à l'international, comme une expérience extrêmement formatrice pour développer les capacités d'adaptation, de communication, l'ouverture d'esprit à d'autres systèmes de fonctionnement ou de pensée.

voir aussi : dimension internationale

La recherche

Les formations d'ingénieurs sont aujourd'hui bien présentes dans l'activité de recherche nationale. Il est clair cependant que cette implication est variable selon les établissements : les établissements privés restent sur ce plan handicapés, sans que cela ne remette d'ailleurs en cause la qualité de ces formations. L'exemple des États-Unis ou de l'Allemagne montre que d'excellentes formations peuvent se développer en dehors d'un environnement recherche important.

+ Si vous souhaitez suivre des études d'ingénieurs à orientation recherche plus affirmée, informez- vous sur les possibilités qu'offrent les écoles d'effectuer en recouvrement, la dernière année d'école et un DEA (diplôme constituant la première étape de la formation par la recherche). C'est souvent le cas dans les formations d'ingénieurs situées en contexte universitaire (formations universitaires, INP, INSA, Universités de Technologie).

Il y a actuellement une soixantaine d'établissements habilités ou co-habilités à délivrer des DEA. Enfin, outre les universités et les INP de Grenoble, Toulouse et Nancy, 19 établissements sont autorisés à délivrer seuls le doctorat. Certains établissements sont également habilités à délivrer le DRT, formation complémentaire de 18 mois à 2 ans destinée aux diplômés des IUP et élèves de dernière année d'école.

Aspects pratiques

S'il ne réside pas chez ses parents, un étudiant a besoin en moyenne de 30 000 F par an pour mener ses études dans de bonnes conditions et couvrir les frais d'inscription, de logement, nourriture, habillement... La moitié s'il réside chez ses parents.

Eléments de budgets d'études

Frais de scolarité/Droits inscription

- droits universitaires dans les établissements publics (473 €)
- 3 000 € à 4 500 €/an dans les établissements privés

Sécurité sociale

186 € (2005/2006)

Mutuelles

LMDE : cotisations de
SMEREP(Région parisienne) : cotisations de 19,50 € à 252 € (de 3 à 9 mois)

Logement

Foyer : de 165 à 365 € selon la ville en province - de 380 à 500 € à Paris
Cité U : 150 - 250 € (ancienne / nouvelle cité universitaire)
Studio : 1 700 à 2 500 F/mois à Paris ; 1 200 F à 2 000 F/mois en Province

Restaurant universitaires

2,70 € le repas

Photocopies et polycopiés

310 € (exemple Centrale Paris)

Accès moyens informatiques/documentation

de 45 à à 75 €, selon les écoles

Inscriptions à diverses associations

35 € (moyenne)

 

On observe bien évidemment des différences importantes selon :

  • le statut de l'établissement : alors que les frais de scolarité se limitent aux droits universitaires dans le public (+ sécurité sociale et mutuelle), ils peuvent atteindre 35 000 F par an dans les établissements privés.
  • le régime des étudiants : les élèves fonctionnaires, sous réserve d'un engagement avec l'État à l'issue de leurs études, sont rémunérés pendant toute la durée de leur formation (exemple ENTPE, EIVP...) ; les élèves sous contrat d'apprentissage sont salariés de leur entreprise d'accueil.
  • la localisation qui influe très fortement sur le coût du logement.

Possibilité de logement

Si l'allocation logement est aujourd'hui étendue à tous ceux qui paient un loyer, trouver un logement, notamment dans les grands centres universitaires, reste une préoccupation pour les étudiants.

Plusieurs possibilités sont offertes à moindre coût :

  • résidences propres aux établissements : INSA, ENSAM, INA PG....
  • chambres réservées par l'établissements dans les résidences universitaires gérées par le CROUS,
  • accès au même titre que les autres étudiants aux résidences universitaires.

Depuis la rentrée 1995, les CROUS gèrent l'hébergement en cités universitaires (http://www.cnous.fr). Ces logements sont attribués aux étudiants de condition modeste (notamment les boursiers). Renseignez-vous très tôt car les places sont prisées.

Si vous ne trouvez pas votre bonheur auprès des principaux organismes offrant un service logement, il vous reste les agences, les services Minitel (3615 PAP) ou encore les résidences étudiantes privées dont les loyers sont parfois assez élevés.

Pour vous loger, il existe plusieurs aides non cumulables : Aide Personnalisée au Logement, l'Allocation de logement Familial, l'Allocation de Logement Social, le Fonds de Solidarité Logement. Renseignez-vous auprès de votre Caisse d'Allocation Familiale.

Activités parascolaires

Un élément du dynamisme d'un établissement est la palette d'activités sportives, intellectuelles, associatives, voire pré-professionnelles (junior entreprises) proposée par l'établissement ou le bureau des élèves ; en participant à ces actions, vous vous intégrerez plus facilement et trouverez un cadre favorable pour mener à bien des projets en relation avec votre future carrière ou vos études, ou des projets humanitaires.
Certains organismes se proposent même de vous aider à financer les initiatives les innovantes !

  • les bourses Défi-Jeunes (tél : 01-40-82-97-97),
  • la Fondation de la Vocation (tél : 01-45-01-29-28),
  • la Fondation BMW (tél : 01-42-78-72-18) ,
  • Bourses déclics jeunes de la Fondation de France fondation@fdf.org
  • la Fondation Elf pour l'aventure utile (tél : 01-43-26-97-52),
  • la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme (tél : 01-44-90-83-03),
  • la Guilde Européenne du Raid (11, rue de Vaugirard, 750086 Paris).
  • Ingénieurs sans frontières