La qualification de l'ingénieur

 
Pour remplir les tâches qui lui sont confiées l'ingénieur doit posséder une qualification globale, correspondant à un ensemble structuré de connaissances, méthodes et attitudes et à une aptitude à les mettre en oeuvre. Cette qualification, que l'on peut rapporter à des capacités ou compétences générales, découle
  • en partie de ses études - et de la détention d'un diplôme adapté, comme le titre d'ingénieur diplômé -
  • en partie de son expérience, soit à un poste d'ingénieur, soit à un autre poste comme un poste de technicien supérieur

Il est commode de caractériser l'apport des études par une référence à des acquis ("learning outcomes"), l'expérience va jouer plutôt sur l'aptitude à affronter la complexité du réel, que ce soit par des qualités de jugement (caractériser une situation et savoir ce qu'il faut faire), des qualités opératoires (tours de main) ou par la maîtrise de situations difficiles à modéliser (passage à une phase de calcul). On retrouve cette complexité à un autre niveau dès qu'apparaît le facteur humain (gestion des équipes, prise en compte des attentes des clients).

Les grandes composantes de la qualification de l'ingénieur

On peut décomposer par commodité l'acquis de l'ingénieur en trois grands bagages cognitifs auxquels on doit adjoindre des caractéristiques plus personnelles rapportées au vocable de "postures".
  • Un bagage de connaissances scientifiques et technologiques plus ou moins spécialisé
    Il est difficile d'agir sur des dispositifs techniques modernes sans un bagage de connaissances portant à la fois sur les sciences et sur les techniques. On doit y adjoindre des bases de mathématiques, qui représentent le point de passage quasi-obligé de compréhension des sciences physiques, chimiques ou biologiques, et le support de la fabrication de modèles de représentation des phénomènes et souvent de leur utilisation sous forme numérique.
  • Un bagage d'outils, de repères et de méthodes, en rapport direct avec l'exercice du métier (voir la présentation des coeurs de métier)
    Il s'agit ici de capacités acquises portant sur l'identification des problèmes , sur l'aptitude à les poser et à les résoudre. On peut y ajouter l'aptitude à appréhender un projet complexe et à coordonner l'action de spécialistes variés et la compréhension des réalités industrielles du moment, mais aussi une connaissance de l'environnement assurant une bonne qualité de jugement
  • Un bagage de comportements utiles, voire indispensable , à l'intégration dans un groupe professionnel
    Il s'agit ici d'aptitudes à la communication, au travail en équipe, à la communication écrite ou orale, à la motivation et au leadership,auxquelles il faut ajouter un minimum de culture générale et de valeurs morales.
  • Des postures personnelles, qui interviennent en appui comme facteurs de performance personnelle
    • Postures intellectuelles: visions, originalité d'esprit…
    • Eléments de personnalité: motivation, persévérance …
    • Attitudes spontanées en rapport avec des valeurs : respect des autres, éthique, sens des devoirs sociaux…

Si les capacités de l'ingénieur ne concernaient que la dimension connaissances, on pourrait à la limite se passer des filières de formations spécifiques. C'est l'impératif de l'acquisition de méthodes qui caractérise les formations d'ingénieurs.

Formation et expérience

On doit admettre par contre que la construction de la qualification qui vient d'être décrite implique de conjuguer des phases déductives ( l'enseignement traditionnel) et inductives ( exploitation d'une expérience de terrain). Ceci est vrai pour les méthodes et plus encore pour l'apprentissage de comportements qui implique une immersion dans un contexte professionnel.

Schéma anglais
4 années d'études spécialisées (Meng)
4 années de training tutoré
4 années d'études
Schéma français (diplôme d'ingénieur)
2+1 années d'études de base

2 années mixtes études/stages

5 années d'études

Schéma allemand (master)
2 années de cycle préparaoire 3 années de cycle terminal 5 années d'études

d'une manière générale le tableau schématique suivant peut être présenté (voir également la liste du CNSIF)

Poids estimé

(années 3,4,5)

Ce qui est apporté par les études traditionelles
en rapport avec une expérience tuturée en immersion (stage, insertion)
éducation antérieure
60%

bagage de connaissances scientifiques et techniques de base (hors contexte)

90-80%
10-20%
(travaux pratiques)
solidité de la maîtrise des langages de base
30%

bagage de méthodes et de repères sur l'environnement

40-60%
40-60%
(stages, projets)
rigueur, sérieux des approches intellectuelles
10% +

bagage de comportement relationnel

20%
80%
(stage, expérience personnelle)
essentiel
  Postures
10%?
20%?
essentiel. encouragement à tenir certaines attitudes. Ethique personnelle

  Les grands champs du savoir de l'ingénieur

L'ingénieur est un homme qui met en forme des réponses, en utilisant le savoir scientifique dont il dispose mais également un savoir technique qui s'alimente par l'expérience. Ces savoirs se regroupent selon un certain nombre de grands domaines de compétence auxquels se rattachent la plupart des écoles.

Exploration et valorisation des matières premières
  • physique
  • matériaux
  • métallurgie
  • énergétique
  • géophysique, géologie
  • thermique
  • mécanique des fluides
  • environnement
Systèmes industriels
  • mécanique
  • électricité
  • électrotechnqiue
  • productique
  • organisation et gestion de la production
  • génie industriel
Exploitation des ressouces animales et végétales
  • agronomie
  • biologie
  • génie alimentaire
  • biotechnologies
  • biomédical
  • santé
  • écosystèmes
Technologies de l'information et de la communication
  • électronique
  • informatique
  • mathématiques appliquées
  • télécommunications
  • automatique
  • contrôle
  • commande

Chimie et Sciences des procédés

  • chimie lourde
  • chimie fine
  • génie des procédés

Il apparaît préférable, pour s'orienter, de choisir l'un de ces domaines scientifiques et techniques plutôt qu'un secteur d'activité.
En effet, les découpages en activités peuvent difficilement être pris en compte, car les appellations des écoles d'ingénieurs ne traduisent pas toujours la réalité de leur programme pédagogique et la nature des débouchés offerts à leurs ingénieurs. Ainsi, par exemple, 50 à 60% des ingénieurs issus d'une école du secteur aéronautique se dirigent vers d'autres secteurs d'activité. 

revu le: 2006-2009